Les Mystères du français

Erreurs et fautes dans les dictionnaires, fausses difficultés du français, etc.

  • Pourquoi ce blogue?

contreverse (controverse)

Publié par misteres le 1 juin 2012
Publié dans: Fautes. Tagged: contreverse, controverse, Glossaire du parler français au Canada, GPFC, Jean-Marie Pierrel, Littré, TLF, TLFi, Trésor de la langue française. Laisser un commentaire

Jean-Marie Pierrel, directeur de l’ATILF (Université de Nancy) et professeur, écrit dans la préface d’un dictionnaire:

  • Le Littré (1863 – 1873) étant tombé dans le domaine public, une intéressante contreverse démontra que s’il était sage de réimprimer le fameux dictionnaire tel quel en raison de son caractère de « monument » de la science de son temps, le moment était venu de mettre en chantier quelque chose d’entièrement nouveau [Trésor de la langue française, « Préface », site consulté le 3 mai 2012]

Il faudrait écrire « controverse » (avec un O), car ce mot viendrait du latin « controversia ».

Notons au passage que la Société du parler français au Canada a cru voir un régionalisme là-dedans. Elle avait sans doute tort:

  • CONTREVERSE s. f. Controverse. ¬ Dial. – M. s., Normandie. [Glossaire du parler français au Canada, 1930]

Si un professeur d’université et lexicographe arrive à faire une « faute » dans la préface d’un dictionnaire, faut-il s’étonner que le francophone moyen en commette lui aussi quand il écrit? Si le latin « contra » a donné le préfixe « contre- » en français, n’est-il pas compréhensible que le latin « controversia », lui-même issu de « contra » et de « versus », puisse parfois se dire « contreverse » dans notre langue?

le chat botté (Le Chat botté)

Publié par misteres le 1 juin 2012
Publié dans: Fautes. Tagged: Académie française, Chat botté, De l'excellence et de la nécessité de la langue française, Dictionnaire de l'Académie française, Dire: Ne pas dire, Discours sur l’état de la langue, Jean Dutourd, Maurice Druon. Laisser un commentaire

Comme moi, vous avez sans doute entendu parler du Chat botté quand vous étiez enfant. Ce conte de Perrault est devenu un classique. Il a même droit à quelques mentions de la part de l’Académie:

  • Le conte du Chat botté. [Dictionnaire de l'Académie, 9e édition, sous « botter »]
  • Expr. C’est un marquis de Carabas, se dit, par allusion au conte de Perrault Le Maître Chat ou le Chat botté, d’un homme qui possède ou se vante de posséder beaucoup de terres. [Dictionnaire de l'Académie, 9e édition, sous « carabas »]
  • Dans le conte de Perrault « Le Chat botté », l’ogre se métamorphose en lion puis en souris. [Dictionnaire de l'Académie, 9e édition, sous « métamorphoser »]
  • Dans le conte de Perrault « Le Chat botté », l’ogre est un monstre protéiforme. [Dictionnaire de l'Académie, 9e édition, sous « protéiforme »]

Dans tous ces cas, il est question du nom d’un conte, qu’on écrit bien sûr avec des majuscules. Pourtant, on trouve aussi ceci dans le Dictionnaire de l’Académie:

  • L’ogre du « Petit Poucet », du « chat botté » [Dictionnaire de l'Académie, 9e édition, sous « ogre »]

La langue française serait-elle parfois difficile à maîtriser même pour les académiciens?

définitions du Multidictionnaire (dossier)

Publié par misteres le 25 mai 2012
Publié dans: Dossiers. Tagged: dictionnaire général, Marie-Éva de Villers, Multidictionnaire. Laisser un commentaire

Avez-vous déjà remarqué le point auquel les définitions du Multidictionnaire de 1997 sont parfois lapidaires? Par exemple:

  • Ventre. [pour « abdomen »]
  • Renoncement. [pour « abnégation »]
  • Supprimer. [pour « abolir »]
  • Horreur. [pour « abomination »]
  • Approche. [pour « abord »]
  • Invectiver. [pour « aboyer »]
  • Accord. [pour « acceptation »]
  • Secondaire. [pour « accessoire »]

Vous aurez peut-être remarqué que ces huit exemples de définitions ne comportant qu’un unique mot sont tous tirés d’entrées présentes au tout début du dictionnaire, sous la lettre A. Cela donne une idée de l’ampleur du phénomène. En feuilletant le Multidictionnaire de 1988, il m’a semblé remarquer qu’il était encore plus prononcé avant. Je remarque aussi que quand je cherche des mots plus rares, comme « unicorne » (= licorne) ou un sens faisant référence à une réalité ancienne, comme « herse » au sens de « grille », je ne trouve pas ce que je cherche. Il me faut m’en remettre à un autre dictionnaire.

Peut-on dire que le Multidictionnaire est un dictionnaire général incomplet? Peut-on dire qu’un dictionnaire comme Le Petit Robert ou Le Petit Larousse a une nomenclature plus riche et des définitions plus poussées? Je me pose ces questions.

vélo stationnaire (bicyclette stationnaire)

Publié par misteres le 25 mai 2012
Publié dans: Contradictions internes. Tagged: GDT, Grand Dictionnaire terminologique, Linguistiquement correct, Lionel Meney, Office québécois de la langue française, OLF, OQLF, Robert Auclair. Laisser un commentaire

Les expressions « vélo stationnaire » et « bicyclette stationnaire » sont-elles correctes? Voici trois citations tirées de trois fiches du Grand Dictionnaire terminologique:

  • terme[...] apparenté[...][:] bicyclette stationnaire [GDT, fiche « bicyclette ergométrique » de 1990]
  • synonyme[:] vélo stationnaire [GDT, fiche « vélo d'exercice » de 2005, in Linguistiquement correct (blogue), site consulté le 9 mars 2012]
  • Vélo stationnaire, calque de l’anglais stationary bicycle, est à déconseiller, puisque le terme stationnaire n’a pas le sens de « fixe » en français, mais bien celui de « qui reste un certain temps à la même place ». [GDT, fiche « vélo d'intérieur » de 2012]

On voit donc que de 1990 à 2005, pendant 15 ans, on a admis « vélo/bicyclette stationnaire », mais qu’en 2012, on a décidé, sans prévenir, d’effectuer un changement de cap important. Si ce terme est un anglicisme selon la fiche de 2012 et qu’il faut l’éviter à ce titre, n’y avait-il pas une faute dans les fiches de 1990 et de 2005? Pourquoi ce soudain changement de cap, cette apparente inconstance? Est-ce, comme l’a dit Lionel Meney sur son blogue, à cause d’une intervention de Robert Auclair?

Merci au blogue Linguistiquement correct d’avoir inspiré ce billet, qui lui-même a été inspiré par le blogue de Lionel Meney.

matelats (matelas)

Publié par misteres le 18 mai 2012
Publié dans: Fautes. Tagged: Correspondance, Dictionnaire de l'Académie française, Honoré de Balzac, Littré, matelats, Montaigne, Trésor de la langue française. Laisser un commentaire

Honoré de Balzac écrit:

  • Il me faudra, au meilleur marché possible, de la futaine blanche à matelats, pour 4 matelats [Balzac, Correspondance, 1838, p. 485, in Trésor de la langue française, sous « coutil »]

Il aurait fallu écrire « matelas ». La récurrence de l’orthographe « matelats » montre bien qu’il ne peut s’agir d’une faute d’inattention. Mais la faute me paraît compréhensible: on écrit: cancrelat, éclat, plat, etc.

De plus, l’orthographe « matelats » s’emploie depuis bien longtemps en français:

  • Elle [la vertu] sçait estre riche, et puissante, et sçavante, et coucher dans des matelats musquez [Montaigne, in Littré, sous « matelas »]
  • Il se dit aussi De cet assemblage de petits ais, qui porte la paillasse & les matelats d’un lit. Tout le bois du fond de lit ne vaut rien. [Dictionnaire de l'Académie, 1694, sous « fond »]

Mais au XIXe siècle, la seule orthographe reconnue par l’Académie était « matelas ».

Petite note

Publié par misteres le 11 mai 2012
Publié dans: Dossiers. Laisser un commentaire

Par mégarde, j’ai publié quatre « billets » aujourd’hui. En réalité, je me propose d’en publier deux chaque vendredi, peut-être trois parfois. Je tenais à le préciser pour que le lecteur n’ait pas l’impression que je tente de le submerger!

conjonctions en début de phrase

Publié par misteres le 11 mai 2012
Publié dans: Fausses difficultés du français. Tagged: académicien, Académie française, Alexandre Dumas, Alfret de Musset, Alphonse Daudet, Anatole France, Émile Zola, Bureau de la traduction, conjonctions en début de phrase, Fausses difficultés, Fausses difficultés du français, Le Comte de Monte-Cristo, Le Guide du rédacteur, Le Petit Robert, Multi, Multidictionnaire, Pierre Loti, Raymond Queneau, Romain Rolland, Stendhal. Laisser un commentaire

Peut-on commencer une phrase par une conjonction (et, ou, est, donc, or, ni, car)? On entend parfois dire que non. Voici quelques citations pour nous éclairer à ce sujet:

  • La conjonction et peut s’employer en début de phrase pour faire ressortir une opposition ou un sentiment. [Le Guide du rédacteur, 1996, p. 128]
  • Et si nous allions canoter sur le lac au soleil couchant? [Multidictionnaire, 1997, sous « canoter »]
  • Au commencement était la Blague. Et en effet, toutes les histoires s’approfondissent en fables [Paul Valéry, in Le Petit Robert 2001, sous « fable »]
  • “Vive Tartarin! vive le tueur de lions!” Et des fanfares, des chœurs d’orphéons éclatèrent [Alphonse Daudet, in Le Petit Robert 2001, sous « fanfare »]
  • Mais qu’est-ce que le français? Et qui parle le français? [Raymond Quenaud, in Le Petit Robert 2001, sous « français »]
  • Sylvie connaissait la vie. Et c’est le Livre des Livres [Romain Rolland, in Le Petit Robert 2001, sous « 1. livre »]
  • Voilà comment vous avez vécu quatre nuits, Valentine, dit le comte. Mais moi, comment vivais-je? [Alexandre Dumas,Le Comte de Monte-Cristo, 1845]
  • L’histoire est la représentation écrite des événements passés. Mais qu’est-ce qu’un événement? [Anatole France]
  • Je ne vous ai pas tout dit. Mais je craindrais… [Alfred de Musset]
  • Et Dieu fit l’étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue d’avec les eaux qui sont au-dessus de l’étendue. Et cela fut ainsi. [Bible]

Si on veut vous reprendre parce que vous employez une conjonction en tête de phrase, dites que vous suivez l’exemple du Petit Robert, du Multidictionnaire, du Guide du rédacteur, de Romain Rolland, d’Alphonse Daudet, d’Alexandre Dumas, d’Anatole France (académicien), d’Alfred de Musset (académicien), etc. Si vous êtes curieux, demandez selon quel ouvrage l’emploi d’une conjonction en tête de phrase est fautif. À ce moment, on pourrait avouer qu’on ne s’est fondé que sur des impressions ou sur les paroles de telle ou telle personne, qu’on ne s’est peut-être jamais donné la peine de vérifier. Si c’est ce qui se produit, il pourrait être utile de faire remarquer à votre interlocuteur qu’il est préférable de se fonder sur quelque chose de plus tangible.

Finalement, si votre interlocuteur ne se rend pas à vos arguments, qu’il décide de se retirer dans ses derniers retranchements et de dire que, tout de même, une conjonction ne doit pas commencer un paragraphe, faites-lui remarquer que les citations suivantes en commencent un:

  • Mais on le traitait partout avec un respect marqué [Stendhal]
  • Mais Saccard, s’étant tourné, reconnut Mazaud, l’agent de change, à la table voisine de la sienne. [Émile Zola]
  • Mais j’ai vu d’étranges choses la nuit avec ce vagabond, une prostitution étrange, dans les caves où se consomment jusqu’à complète ivresse le mastic et le raki… [Pierre Loti (académicien)]

accentuation des majuscules

Publié par misteres le 11 mai 2012
Publié dans: Contradictions internes. Tagged: académicien, Académie française, accentuation des majuscules, Bureau de la traduction, Contradictions internes, Dictionnaire de l'Académie française, Fausses difficultés, Fausses difficultés du français, Fautes, Le Français au bureau, Le Guide du, majuscules et accents, Office québécois de la langue française, OQLF. Laisser un commentaire

Selon l’Académie française, il faut accentuer les majuscules:

  • Il convient cependant d’observer qu’en français, l’accent a pleine valeur orthographique [le gras est de l'Académie dans cette citation]. Son absence ralentit la lecture, fait hésiter sur la prononciation, et peut même induire en erreur. Il en va de même pour le tréma et la cédille. / On veille donc, en bonne typographie, à utiliser systématiquement les capitales accentuées, y compris la préposition À, comme le font bien sûr tous les dictionnaires, à commencer par le Dictionnaire de l’Académie française, ou les grammaires, comme Le Bon Usage de Grevisse, mais aussi l’Imprimerie nationale, la Bibliothèque de la Pléiade, etc. Quant aux textes manuscrits ou dactylographiés, il est évident que leurs auteurs, dans un souci de clarté et de correction, auraient tout intérêt à suivre également cette règle. [www.academie-francaise.fr/langue/questions.html, site consulté le 26 février 2012]

Les capitales seraient donc accentuées systématiquement dans le Dictionnaire de l’Académie, vraiment?

  • Etude scientifique des rêves, de l’activité onirique. [Dictionnaire de l'Académie, 9e édition, sous « onirologie »]
  • Etablissement qui recueille des orphelins et assure leur éducation. [Dictionnaire de l'Académie, 9e édition, sous « orphelinat »]
  • Elément de composition signifiant Serpent et servant à former divers mots savants, dont certains sont définis ci-dessous. [Dictionnaire de l'Académie, 9e édition, sous « ophi(o)- »]
  • Ecrire de telle ou telle manière, en adoptant telle ou telle graphie. [Dictionnaire de l'Académie, 9e édition, sous « orthographier »]
  • Elevage des huîtres. [Dictionnaire de l'Académie, 9e édition, sous « ostréiculture »]

Les citations précédentes paraissent plutôt être l’exception que la norme, mais, tout de même, elles suscitent des questions. Si « en bonne typographie », il faut accentuer les capitales selon l’Académie, les citations précédentes ne sont-elles pas alors des exemples de « mauvaise typographie »? Si l’Académie commet cette « erreur » dans son dictionnaire, est-il réaliste d’attendre que les profanes soient tentés de l’imiter?

Le Guide du rédacteur (1996, p. 55) du Bureau de la traduction et Le Français au bureau de l’Office québécois de la langue française (1996, p. 119) indiquent aussi que les majuscules prennent l’accent. À cette « règle », il y a bien sûr l’exception que sont les sigles (par exemple, CEE pour « Communauté économique européenne »). Cette exception est-elle fondée sur le bon sens? Je ne sais pas trop. Je ne fais que soulever la question.

En tout cas, ce n’est pas la première fois que l’Académie dit aux francophones de faire quelque chose sans pourtant suivre sa « règle ». À ce sujet, on a par exemple déjà vu « sans complexe(s) » et « contexte économique ».

parlure

Publié par misteres le 11 mai 2012
Publié dans: Fausses difficultés du français. Tagged: académicien, Académie française, Émile Littré, Comment j'ai fait mon dictionnaire, Damourette et Pichon, Dictionnaire des canadianismes, Dictionnaire général de la langue française au Canada, Dictionnaire québécois-français, Dictionnaire universel francophone, DQF, Ernest Renan, Fausses difficultés, Fausses difficultés du français, Gallimard, Gaston Dulong, Glossaire du parler français au Canada, Larousse Multidico, Léandre Bergeron, Le Grand Robert, Le Nouveau Littré, Le Petit Larousse, Lionel Meney, Louis-Alexandre Bélisle, parleüre, parlure, Paul Claudel, TLF, TLFi, Trésor de la langue française. Laisser un commentaire

Selon le Dictionnaire général de la langue française au Canada (1974), Le Petit Larousse 1997, le Larousse Multidico, le Dictionnaire universel francophone et Le Nouveau Littré des éditions Gallimard et le Glossaire du parler français au Canada (1930), l’expression « parlure » est un régionalisme canadien/québécois. Je crois aussi (il faudrait vérifier) qu’un dictionnaire de Léandre Bergeron indique cela. Pourtant, voilà ce qu’on trouve en fouillant un peu:

  • nous devons avoir souci de notre parleüre [c'est le mot de nos aïeux] [Émile Littré, Comment j'ai fait mon dictionnaire, 1880]
  • Que de sentiments fins et exquis ont trouvé leur expression en cet harmonieux idiome [le français] dont Brunetto Latini, au XIIIe siècle, trouvait déjà la parlure si délectable! [Ernest Renan, 1892, in Trésor de la langue française, sous « parlure »]
  • reste mêlée comme un timbre indélébile à notre parlure française [Paul Claudel]
  • Nous appelons parlure la langue telle qu’elle est parlée par les gens d’un niveau social donné [Damourette et Pichon, in Trésor de la langue française, sous « parlure »]
  • Vx ou litt. en fr. [Gaston Dulong, Dictionnaire des canadianismes, 1999]
  • Rare, vx. Manière de parler, langage. [Trésor de la langue française, sous « parlure »]
  • Vx ou archaïsme littér. Manière de parler. [Le Grand Robert 2005, sous « parlure »]
  • Rem. Parlure semble très vivant au Québec [Trésor de la langue française, sous « parlure »]
  • considéré comme vieux en français standard [Dictionnaire québécois-français]
  • Québec, vieux ou littéraire [Le Petit Larousse 2004, sous « parlure »]

Il y a plusieurs choses intéressantes à noter, dans l’analyse de ce « régionalisme »:

  • Ernest Renan, Émile Littré et Paul Claudel, trois académiciens, ont employé cette expression.
  • Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on croit voir un régionalisme dans cette expression (Glossaire du parler français au Canada, 1930).
  • Le Nouveau Littré présente « parlure » comme un régionalisme québécois et louisianais. Pourtant, Émile Littré a lui-même employé ce mot (« parleüre »). Ce fait n’aurait-il pas dû mettre la puce à l’oreille des rédacteurs du Nouveau Littré? N’aurait-il pas dû les pousser à faire une recherche un peu plus fouillée sur ce mot?
  • Des lexicographes français et des lexicographes québécois peuvent très bien commettre la même erreur: voir des régionalismes là où il n’y en a pas ou là où des nuances importantes sont à faire.
  • Si d’un côté on a modifié l’article depuis l’édition de 1997 du Larousse en ajoutant les marques d’usage appropriées (« vieux » et « littéraire »), il arrive aussi qu’une erreur soit introduite là où il n’y en avait pas avant (voir l’article « forme provençal ») dans ce dictionnaire (et sans doute dans les dictionnaires en général).

contreverse (controverse)

Publié par misteres le 11 mai 2012
Publié dans: Fautes. Tagged: contreverse, controverse, Fautes, Glossaire du parler français au Canada, Jean-Marie Pierrel, Le Petit Larousse, Le Petit Robert, Société du parler français au Canada. Laisser un commentaire

Jean-Marie Pierrel, directeur de l’ATILF (Université de Nancy) et professeur, écrit:

  • Le Littré (1863 – 1873) étant tombé dans le domaine public, une intéressante contreverse démontra que s’il était sage de réimprimer le fameux dictionnaire tel quel en raison de son caractère de « monument » de la science de son temps, le moment était venu de mettre en chantier quelque chose d’entièrement nouveau [Trésor de la langue française, « Préface », site consulté le 3 mai 2012]

Il faudrait écrire « controverse » (avec un O). C’est l’orthographe que donnent Le Petit Robert, Le Petit Larousse et, bien sûr, le Trésor de la langue française.

Notons au passage que la Société du parler français au Canada a cru voir un régionalisme là-dedans. Elle avait sans doute tort:

  • CONTREVERSE s. f. Controverse. ¬ Dial. – M. s., Normandie. [Glossaire du parler français au Canada, 1930]

Si un professeur d’université et lexicographe arrive à faire une « faute » dans la préface d’un dictionnaire, faut-il s’étonner que le francophone moyen en commette lui aussi quand il écrit? L’orthographe est-elle trop compliquée même pour les spécialistes?

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